Un chevalet pour la future-ex-directrice

Publié le Vendredi 30 mai 2003 à 6:20 par Martine dans Nouvelles

mamanchevalet.jpgC’était hier la soirée témoignage pour célébrer les 5 années de Nicole à la direction de l’école de la Source de la Commission scolaire Rivière-du-Nord, lequel événement soulignait en plus sa retraite du domaine de l’enseignement, après une carrière de plus de 36 années de dévouement et de labeur, pour et auprès des enfants. Nicole prend la route des arts comme nouvelle aventure, soit celle d’artiste-peintre.
Ce fut dans la joie que se déroula cette soirée, par des hommages, des anecdotes diverses, des chants, de la musique, de la danse et un délicieux buffet. L’implication dévouée de tout le personnel de l’école de la Source, ainsi que du président et des membres du Conseil d’établissement s’est déroulée en cadences. Ceux-ci livrèrent des témoignages touchants. De magnifiques présents lui furent offerts, présents à l’image de ce qu’elle est, de ce qu’elle aime et surtout de toute son implication personnelle, à travers ses âges. Le bon goût a été de la fête et un magnifique trépied en laiton, pour toile, servira de présentoir à ses multiples oeuvres, dont ses doigts de fée sauront peindre et extérioriser ses talents d’artiste-peintre dans les années futures. Un dictionnaire de l’histoire de l’art naïf, déniché par Jean-Claude Paquin, professeur à l’école de la Source et artiste-compositeur de pièces de théâtre, de livres, permettra à Nicole de se ressourcer. Un énorme panier, comme une corbeille d’osier, dont on se sert, pour endormir un premier-né, remplit de multiples boutures de plantes identifiées, provenant des divers jardins du personnel firent verser plusieurs larmes à la directrice et des « si c’est beau »!. Puis, un magnfique livre, reliure d’art à la S-Tremblay, artiste reconnu pour cet art, remplit par un montage de photos humoristiques et de textes personnels, témoignage de chaque personne de l’école et préparé avec la participation de chacun. Benoît Bélisle, un autre artiste enseignant de l’école et passé maître en informatique, prépara ce fin montage. Puis ce fut au tour des chansons, chansons composées par le cru du personnel et la chef d’orchestre Chantal Buissières, artiste en musique. Tous entamèrent joyeusement, et offrirent des bouts au quotidien vécus à l’école. D’autres personnes, entre autres Chantal Langlois, sa bonne protectrice de toujours, y allèrent de témoignages chaleureux. Marie-Lise Laverdure, passionnée tout comme elle de nature ajouta sa touche. Le service de garde de l’école offrit un bel hibiscus et le comité social compléta par un hibiscus en panier. La soirée se déroula joyeusement avec une complicité des parents du Conseil d’établissement, du personnel de l’école et de sa famille (Marc, Martine et Martin). La directrice par le texte que voici, dit un merci chaleureux à tous, pour ces moments inoubliables vécus ensemble et exprima à tous des apprentissages faits, des vécus inoubliables lors d’une carrière.
Ma dernière classe
Ce matin-là, du 11 juin avant-midi 2003, sera ma dernière classe. Je me suis mise sur mon trente-six pour me rendre à l’école de la Source.
Déjà depuis quelques temps, je me prépare pour cet événement grandiose. Nous possédons tous à l’intérieur de nous-mêmes une logique, laquelle dicte nos comportements personnels. Cette voix me guide et passe des messages à partir d’un ensemble d’expériences de toute ma vie. C’est peut-être ce que l’on pourrait appeler la Sagesse. En fait, agir avec franchise envers soi-même. Ce rapport avec soi-même amène l’harmonie avec les autres, selon mon vécu.
Une variété de talents, de connaissances, d’expériences de vie habitent chaque personne qui possède en elle-même, tout le potentiel et tous les outils pour s’épanouir et vivre heureuse à toutes les étapes de sa vie et durant chaque jour qu’elle vit. Comprenons qu’une réflexion s’impose pour s’apprécier lors des expériences que nous vivons tous, pour s’analyser droitement, pour prendre tout nouveau départ. Ainsi, quand l’heure de la retraite sonne, nous savons que nous sommes capables de foncer tête haute, car ce qui avait à être prouvé à soit même, l’a été.
Ce matin-là, la nature s’était préparée. Quand je suis sortie de la maison, des merles sifflaient à la lisière de la maison et des bonnes senteurs fraîches me le faisaient savoir. J’ai pris le boulevard Du Charme, avec ma rutilante Pontiac rouge discrètement (clin d’oeil), en regardant autrement ce chemin de l’école, tant de fois parcouru depuis 1953, l’entrée en première année naguère à la petite école du rang Kildare, dans la région de Lanaudière, haute comme trois pommes, mais avec comme bagage dans mon petit sac d’école, des tonnes d’enthousiasmes.
Réf: Pti-Robert.
Enthousiasme: Transport divin = délire sacré qui saisit l’interprète ….
Émotion intense qui pousse à l’action dans la joie …. à admirer… qui se traduit
par une exitation joyeuse.
Quand j’y pense, je n’ai jamais arrêté de me rendre à l’école. J’ai étudié toute ma vie et continuerai sûrement encore; j’aime apprendre avec les autres, j’aime les livres qui nous font apprendre. Pour continuer ce message de départ, j’emprunte les mots d’un texte trouvé sur Internet.
On mentionne que cette personne s’est retirée de la vie publique pour des raisons de santé : le cancer.
Il a envoyé un mot d’au revoir à ses amis et il se diffuse grâce à Internet.
Voici ce qu’il leur écrivait :
« Si pour un instant Dieu oubliait que je suis une marionnette de chiffon et m’offrait un morceau de vie, j’apprécierais ce temps au plus que je le pourrais. Peut-être que je ne dirais pas tout ce que je pense, mais en définitive je penserais tout ce que je dis. Je donnerais de la valeur aux choses, non pour ce qu’elles valent, mais pour ce qu’elles signifient. Je dormirais peu, je rêverais plus. Je comprends que pour chaque minute où nous fermons les yeux, nous perdons soixante secondes de lumière. Je marcherais quand les autres s’arrêtent, je me réveillerais quand les autres dorment. Si Dieu me faisait cadeau d’un morceau de vie, je m’habillerais simplement, je me jetterais à plat ventre au soleil, laissant à découvert, pas seulement mon corps mais en plus mon âme. Aux hommes, je leur prouverais combien ils se trompent à penser qu’ils arrêtent de tomber amoureux quand ils vieillissent, sans savoir qu’ils vieillissent quand ils arrêtent de tomber amoureux. A un enfant, je lui donnerais des ailes, mais je le laisserais apprendre seul à voler.
Aux vieux, je leur enseignerais que la mort ne vient pas avec la vieillesse, mais avec l’oubli. Tant de choses j’ai appris de vous, les hommes. J’ai appris que tout le monde veut vivre en haut d’une montagne, sans savoir que le vrai bonheur est dans la manière de grimper la paroi escarpée. J’ai appris que, quand un nouveau-né serre avec son petit poing pour la première fois le doigt de son père, il le tient attrapé pour toujours.
J’ai appris qu’un homme a le droit de regarder un autre vers le bas, seulement quand il doit l’aider à se lever.
Il y a tant de choses, celles que j’ai pu apprendre de vous, mais elles ne serviront pas réellement quand ils me mettront dans cette boîte où tristement, je serai mort.
Dis toujours ce que tu sens et fais ce que tu penses.
Si je supposais qu’aujourd’hui était la dernière fois que j’allais te voir dormir, je t’embrasserais fortement et je prierais Dieu pour pouvoir être le gardien de ton âme. Si je supposais que ce sont les ultimes minutes où je te vois, je dirais « je t’aime « , et je ne l’assumerais plus bêtement, maintenant que tu le sais. Il y a toujours un matin, et la vie nous donne une autre opportunité pour bien faire les choses. Mais au cas où je me tromperais et qu’aujourd’hui est tout ce qu’il nous reste, je voudrais te dire combien je t’aime, que jamais je ne t’oublierai. Le lendemain n’est assuré à personne, jeune ou vieux. Aujourd’hui est peut-être la dernière fois que tu vois ceux que tu aimes. Pour cela n’attends pas plus, fais-le aujourd’hui, puisque si le lendemain n’arrive jamais, tu regretteras sûrement le jour où tu n’as pas pris le temps pour un sourire, une accolade, un baiser et que tu as été très occupé pour leur accorder une ultime volonté. Maintiens ceux que tu aimes près de toi; dis-leur à l’oreille combien tu as besoin d’eux.
Aime-les, traite-les bien, prends le temps de leur dire : « cela me touche », « pardonnes-moi », « s’il te plait », « merci » et toutes les paroles d’amour que tu connais. Personne ne se souviendra de tes pensées secrètes.
Demande à Dieu la force et la sagesse pour les exprimer. Montre à tes amis et êtres chers, combien ils comptent pour toi. »
Ainsi, je prends la liberté d’exprimer aujourd’hui des apprentissages faits à la direction d’une école.
Le travail à la direction d’une école m’a appris que je pouvais voir détruire une partie de mon travail fait bénévolement et sans dire un seul mot, me mettre à le rebâtir à travers un nouveau projet;
Le travail à la direction d’une école m’a appris que je pouvais perdre d’un seul coup, l’estime de collègues de qualité sans un geste et sans un soupir, par des mots répétés et sourtout inventés. À me sentir haï, pour des façons différentes de faire et sans haïr à mon tour pourtant, devoir lutter et me défendre avec mes proches et amis comme soutiens;
Le travail à la direction d’une école m’a appris à entendre mes paroles dites sagement, sainement, transformées pour exciter des sots; il m’a appris à entendre mentir sur moi par des bouches molles, sans mentir moi-même d’un seul mot et garder le silence.
Il m’a appris à rester digne tout en étant populaire, à rester peuple en conseillant les rois, à aimer chaque personne comme un membre de ma famille et à considérer chacun très important.
Il m’a appris à observer et à connaître sans jamais devenir sceptique ou destructeur.
Il m’a appris à créer, sans laisser le rêve être mon maître;
Il m’a appris à servir sans merci, à penser, à écrire et à dire des paroles justes, même aux personnes qui ne voulaient pas les entendre.
À ne jamais être en rage, avec les gens durs;
À être brave et jamais imprudente quand on me faisait des vacheries;
À être bonne et à être sage, sans être moraliste, ni pédante;
À parler avec le coeur des enfants pour les accompagner lors d’expériences de la vie.
À rencontrer Triomphe après Défaite et recevoir ces deux menteurs d’un même front, et à conserver courage et estime de soi, tête saine, quand plusieurs autres personnes la perdront pour suivre la masse, car on a souvent comme croyance que la majorité l’emporte, que ce soit vrai ou faux.
On travaille et fonctionne dans la vie avec les impressions, et on les gère s’il le faut.
Ainsi, le travail à la direction d’une école m’a appris que les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire seront à tout jamais des esclaves soumis à la popularité et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire:
« C’est être Soi et Vrai, mon Ami (e). »
J’ai transformé un texte de Rudyard Kipling, afin de mieux dire ces paroles sages.

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