Souvenirs d’enfance

Publié le Mardi 15 mai 2001 à 4:29 par Nicole dans Paysages

Je suis née au printemps 1947, le 28 mars. Il me semble que cette année a dû être une année joyeuse puisque j’ai toujours aimé chanter, rire et renaître. Chez nous, nous étions onze enfants et j’étais la quatrième. Chacun avait des habiletés que nous faisions progresser par l’entraide dans notre famille.
Mon père était un brave homme et il s’occupait de chacun de nous avec attention. Il nous aimait et il savait comment s’y prendre pour que nous nous croyions importants. Il nous valorisait selon nos talents.
Ma mère était besogneuse et elle nous encourageait à nous impliquer. Elle était fière et nous donnait des élans de vie. Nous grandissions hardiment sur notre grande ferme laitière et belle érablière dans la région de Lanaudière, à Saint-Ambroise-de-Kildare.
Le village était bien organisé et chacun était encouragé à entreprendre sa vie en société.
Chez nous, nous avions beaucoup d’animaux, de vastes champs et une paix simple. Au mois de mai, nous sortions les animaux dehors et toute la vie, les odeurs et les saveurs se mêlaient aux bruits de la nature.
Vers l’âge de onze ans, j’ai pris l’habitude de me lever vers cinq heures du matin et j’assistais au réveil de la nature et au concert des oiseaux. Cette symphonie était impressionnante. Il aurait fallu sentir cette rosée du matin mêlée à la brise légère de ces délicieux moments. Vers sept heures, la maisonnée était debout pour une journée de labeur.
Quand j’ai peint ce tableau, j’ai voulu regrouper cette ambiance dont je me souvenais. Voici son histoire.
Nous sommes un samedi matin, nous venons de traire les vaches à l’étable et mon frère Roland conduit les animaux dans le clos. À la campagne, on connaissait chaque animal par son caractère et chacun avait un nom. La première la noirette, la deuxième, la chevrette, la troisième l’élégante et la quatrième la gourmande. Il y avait un bœuf pour la reproduction et il fallait toujours s’en méfier et garder une distance. C’est pour cela qu’on gardait un bout de bâton et un chien fidèle. Nous vivions des produits de la ferme. Nous élevions nos bêtes comme les poules et les moutons et nous utilisions œufs, viande et laine pour bien vivre.
Ma grande sœur Marie-Andrée, l’aînée, s’occupait de nous et nous montrait l’exemple. Elle était maternelle. Personne ne se chicanait avec elle. Elle nourrit ici les poules tout en s’occupant de Pauline, ma cadette de trois ans plus jeune. Un peu plus loin Louis-Charles. Il a toujours été très vaillant. C’est lui qui a acheté la ferme familiale.
Chaque printemps, Nous prenions grand plaisir lors de la naissance des agneaux. J’ai toujours aimé ces moments. Un bébé animal est très mignon à voir et donne toujours envie de rire quand il fait des gambades.
Mon frère Julien était le plus jeune de mes frères, très fin et très drôle.
Le samedi, nous allions chanter des noces à l’église, et quelquefois aussi le baptême d’un nouveau-né qui venait enrichir et agrandir notre paroisse de St-Ambroise de Kildare.
Des voisins venaient parfois emprunter des machines agricoles pour travailler dans leurs champs.
Les animaux paissaient dans les prés de trèfles.
Les pommiers embaumaient l’air d’odeurs colorées et de chants d’oiseaux variés.
C’était souvenirs d’enfance.


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