À l’ombre du Centenaire

Publié le Samedi 12 janvier 2008 à 11:09 par Nicole dans Saisons

Lorsque j’allais chez mon arrière-grand-mère Éma, au cours de l’été, un vieux chêne majestueux, à glands doux nous accueillait bien droit aux abords de la maison ancestrale.
J’entendais chaque personne de la parenté souligner les vertus de ce vieil arbre généreux tout en racontant de vrais événements mêlés de légendes urbaines. Cette ambiance de solidité, de puissance, de longivité et de convivialité s’est imprégnée en moi au fil des années. Il me semblait alors, avec mes yeux d’enfant, que mon aïeule allait vivre toute l’éternité et pourvoir aux besoins de chacun.
J’aimais bien cette présence abondante et sécurisante lorsque je me retrouvais sous l’arbre centenaire. L’été, nous nous regroupions parfois sous son feuillage dense, avec mes cousins et cousines et des oncles en visite, car les tantes se regroupaient dans la maison pour faire la jacasserie.
Avec une guitare, nous entonnions notre chanson à répondre, toujours la même, un peu pour s’imprégner de la présence de chacun après cette grosse journée de travail passée à faire les foins dans les champs.
Mon père étant devenu orphelin à 5 ans, a grandi en face de notre chez-nous, chez l’oncle Alcide. C’est sa grand-mère Éma qui en prit grand soin jusqu’à sa majorité.
De notre demeure, je voyais de vastes champs. Quand je regardais tout au loin, de paisibles brebis broutaient joyeusement accompagnant leurs agnelets gambadeurs.
Plus tard, quand j’entendis nos vieux de notre parenté, les larmes aux yeux et la voix tremblante d’émotions chanter:  » Souvenir d’un vieillard », je retrouvais cette joie de vivre.
Maintenant , je prends le flambeau à ma manière et je chante et peins mes souvenirs. Cette toile intitulée: « À l’ombre du Centenaire » met en branle ces beaux moments imprégnés de tendresse.
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Petits enfants, jouez dans la prairie
Chantez, chantez le doux parfum des fleurs
Profitez bien du printemps de la vie
Trop tôt, hélas, vous verserez des pleurs
{Refrain:}
Dernier amour de ma vieillesse
Venez à moi, petits enfants
Je veux de vous une caresse
Pour oublier
Pour oublier mes cheveux blancs
Quoique bien vieux, j’ai le cœur plein de charmes
Permettez-moi d’assister à vos jeux
Pour un vieillard, outragé, plein de larmes
Auprès de vous, je me sens plus heureux
{au Refrain}
Petits enfants, vous avez une mère
Et chaque soir près de votre berceau
Pour elle au ciel, offrez votre prière
Aimez-là bien jusqu’au jour du tombeau
{au Refrain}
Petits enfants, quand j’étais à votre âge
Je possédais la douce paix du cœur
Que de beaux jours ont passé sans nuages
Je ne voyais que des jours de bonheur
{au Refrain}
En vieillissant, j’ai connu la tristesse
Ceux que j’aimais, je les ai vus partir
Oh, laissez-moi vous prouver ma tendresse
C’est en aimant que je voudrais mourir
{au Refrain}

http://aujardindelamitie.com/MaRocailleFleurie/SouvenirDunVieillard/souvenir_dun_vieillard.htm


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